Ma jupe, mon droit : 30 préjugés, 30 réponses

Trente préjugés récoltés dans les discussions sur la longueur de nos jupes et la profondeur des idées reçues, raccourcis, digressions, etc. Les commentaires ont été écrits en malgache, initialement.

De l’intérêt de bien choisir à qui confier sa comm’

1. « Les besoins sexuels des individus malfaisants diminuent quand les jeunes filles s’habillent de façon simple et correcte. Les parents doivent prendre leur responsabilité pour éviter que leurs filles ne s’habillent pas de façon dénudée et provocante.  » 

Non, les « besoins sexuels des individus malfaisants » ne diminueront pas de cette manière, et certainement pas, s’ils reçoivent un soutien ministériel qui déplace le problème .en accusant la victime plutôt que le coupable. Non, ce n’est pas aux filles de gérer le comportement des hommes et des garçons : c’est aux hommes d’apprendre à se comporter honorablement, en toutes circonstances, et aux parents d’élever leurs garçons pour en faire des hommes.

2. « Si ma fille de huit ans s’habille en string, je ne vais quand même pas la laisser faire! » 

Sachant que le string se porte exclusivement à l’intérieur du vêtement en sa qualité de sous-vêtement et de lingerie, ma foi, vous serez bien un parent indigne de ne pas lui montrer comment le porter.  (Je me demande comment une fille de huit ans peut réclamer un string, du reste…)

3.  » La nudité est un attentat à la pudeur, passible de prison !  » 

Le terme « d’attentat à la pudeur » évoque tout acte sexuel effectué sous la contrainte et/ou portant atteinte à l’intégrité sexuelle d’une personne. Il s’agit d’une infraction intentionnelle, commise consciemment et volontairement. Cela n’inclut toutefois pas les pénétrations, qui portent la qualification de viol. Cette idée d’attentat à la pudeur n’ayant pas une définition officielle/légale, elle est souvent soumise à interprétation, bien qu’en règle générale, ces interprétations restent dans le cadre de l’idée principale de violence basée sur le sexe. La nudité n’est donc pas un attentat à la pudeur. En revanche, poser des mains baladeuses sur le corps d’une fille qui ne l’a pas sollicité en est un, quels que soient ses habits. Du reste, il convient de bien circonscrire le sujet sur la question du droit des femmes de disposer de leurs corps, et donc, d’adopter le code vestimentaire qu’elles souhaitent : personne ne réclame le droit à la nudité dans un lieu  public.

Arrêté n°2956 DSN portant interdiction du port de mini-jupe et mini-robe à Madagascar


4. « La loi punit le viol. Il en est de même pour les tenues qui manquent de dignité, portées en public. Le mieux, c’est que tout le monde se comporte selon la culture du plus grand nombre. »

Il existe une loi qui date de 1967, interdisant les jupes et robes courtes, taxées de « tenues contraires à la décence, aux mœurs et coutumes malagasy, et portant atteinte à la moralité des citoyens ». Cette loi a pu difficilement être appliquée, non pas que les femmes protégeaient becs et ongles le droit de porter des robes courtes, mais que dans la pratique, l’on s’était rendu compte que ces robes ne choquaient pas autant la majorité (la culture du plus grand nombre?). Du reste, cette idée de « contraire aux mœurs malgaches » reste bancale : au-delà des frontières tananariviennes, la question de la robe courte ne se pose jamais. (Après, ce commentaire n°4 m’inspire vaguement le dressing des Vamps. Ou de Madame Sarfati.)

5. « N’oubliez pas que votre liberté s’arrête où la mienne commence. Quand les femmes portent des jupes courtes, il n’y a pas que les violeurs et les canailles qui ressentent la violence de leurs accoutrements ! Leurs pères et leurs frères la subissent également, ainsi que toute personne qui se respecte. »

  1. La femme est maîtresse de son corps et de la manière dont elle veut se vêtir : sa liberté –et donc sa responsabilité-, s’arrête à ce qui lui appartient, en l’occurrence son corps et ses vêtements. Elle n’est pas responsable de ce qui ne lui appartient pas, en l’occurrence, ce qu’en pensent les hommes et les bigots.
  2. Quant à la « violence de leurs accoutrements » sur les violeurs : à moins que l’auteur ne soit un gros pervers, je n’imagine pas comment un tel commentaire peut s’expliquer.
  3. Enfin, quant à la « violence subie par les pères, frères et toute personne qui se respecte » : il y a un moment dans vos vies d’hommes et de « personnes qui se respectent », où vous devrez définitivement accepter que la fille ou la sœur ou la nièce, etc. ne vous appartient pas : elle n’est pas votre chose, elle n’est pas votre propriété, ni votre toutou, ni votre faire-valoir, ni votre objet. Il viendra un jour où elle prendra son envol, prendra ses propres décisions, fera ses propres expériences, vivra sa vie de femme et de personne indépendante. Faites-vous à cette idée, car vous n’y pourrez absolument rien.

L’exposition « Que portais-tu ? » montre 18 tenues portées par des victimes de viols. A lire ici https://bit.ly/2JLiFLo.

6. « Certains habits de femmes réclament le viol ! »

Comment définir l’habit qui « réclame le viol », car la grande majorité des femmes victimes ne portaient pas une culotte fendue sur un croc-top à grosses mailles transparentes quand elles ont été violées ?  (et même si elles en portaient, cela ne justifie pas la violence sexuelle.) La vérité, c’est qu’aucun habit ne vous protège. Ce n’est pas le vêtement : le pervers réalise le crime, non parce qu’il est attiré par « le plaisir sexuel », mais parce qu’il tire son plaisir du rapport de pouvoir, de contrôle et de domination, sans aucun lien avec  le vêtement jugé « trop sexy ». Le mot malgache « fanolanana » dit le viol avec exactitude : tordre jusqu’à ce que la résistance s’étiole.

7. « Nous, les hommes, on n’en fera pas une migraine, même si vous, les femmes, décidez de sortir toutes nues. Seulement, si vous le faites, vous vous enlevez tout honneur ».

Encore une fois, aucune femme ne réclame le droit à la nudité en public, mais le droit de disposer de leurs corps. Si l’honneur se mesure au centimètre de tissu sur le corps, j’imagine que nous ne vous verrons plus jamais à la piscine et à la plage, vous et votre look d’Esquimau sous les Tropiques?

8. « Il y a une part de responsabilité des hommes et des femmes. On a déjà tant de cambrioleurs, et certaines personnes exposent encore leur argent à la vue de tous ! Si les femmes veulent renforcer leur confiance en soi, elles devraient le faire dans un autre domaine mais pas avec leurs vêtements ! »

Voici un autre domaine : le droit d’une femme de disposer de son corps et de prendre ses propres décisions, sans pression et en toute indépendance et l’obligation de sanctionner le violeur et le harceleur sans utiliser le comportement ou l’habit comme circonstance atténuante. A la base, c’est de cela qu’il s’agit, mais nous sommes tous obnubilés par le raccourci : « OMG, elles veulent être nues en public! », ce qu’elles ne veulent pas.

9. « Tout le monde a le droit de fermer sa porte à clé ou non: une porte fermée à clé ne va évidemment pas empêcher les cambrioleurs de venir. En revanche, une porte laissée ouverte, c’est un appel au cambriolage.  » 

En effet, et la faute reviendra toujours entièrement, exclusivement et totalement au cambrioleur, sans aucune circonstance atténuante au cambriolage.

10. « Il n’y a rien de tel qu’une femme qui s’habille avec dignité. N’utilisez pas les hommes pour vous dédouaner de ce principe, contentez-vous de respecter votre personne et votre honneur! »

Je me demande ce que pourrait dénoter ce besoin viscéral de toujours opposer, imposer, appliquer des principes sur les femmes. Pourquoi une femme aurait-elle spécialement besoin de suivre un code vestimentaire particulier pour mériter le respect, alors que dans l’absolu, le respect est accordé par la seule et exclusive condition d’être un être vivant ? Les seuls faits d’être une créature vivante et une espèce unique font d’un lémurien, d’une tortue, d’un aigle, l’objet d’une mobilisation des citoyens, des associations, des experts, des gouvernements, des ongs internationales, mais pour être respectée et protégée des prédateurs, une femme aurait besoin D’ABORD de remplir le contrat d’un «vêtement digne»? Oui, je vois venir ton raccourci les-femmes-veulent-être-nues-et-se-comparent-aux-lémuriens. Attention le raccourci, attention, le raccourci! Boing! Aïe! Ouille! J’ai bien dis « attention, le raccourci. « …

11. « En s’habillant de façon dénudée, les femmes ne récoltent qu’un manque de confiance en soi et montrent la preuve qu’elles s’infériorisent d’elles-mêmes ».

Cette psychologie de comptoir m’inspire une envie de bailler. Joker.

12. « Si vous montrez tout, les hommes n’ont plus rien à imaginer et ne seront plus curieux de découvrir.  »

Encore une fois, nous parlons du droit des femmes de disposer de leurs corps, y compris de la manière dont elles habillent ce corps qui est leur propriété entière et exclusive, et non pas du droit à être nue sur la place publique. Ceci étant dit, le déroulement de vos fantasmes privés ne nous regarde pas.

13. « L’habit est le reflet de votre personnalité. Si vous vous habillez court ou dénudé, c’est que vous êtes une libertine ou une prostituée. »

J’écris ce texte en jogging, t-shirt et tennis, sans être une sportive. L’habit, le moine. (En même temps, être libertine ou prostituée ne signifie pas que la personne est disponible pour être violée, harcelée ou subir des situations non-sollicitées)

La Bible, Epitre aux Ephésiens, chapitre 5, 22/28

14. « La Bible enseigne aux femmes d’être respectueuses, et en particulier de respecter le désir de leurs maris, leurs frères et leurs pères de ne pas les voir vêtues n’importe comment. La Bible le dit clairement : l’homme est le chef. » 

Voici l’opinion de la chrétienne protestante que je suis. Les versets bibliques qui parlent du rôle des épouses et des maris forment une règle qui s’applique dans le cadre d’un mariage entre deux personnes chrétiennes. C’est une distribution de rôles des époux, unilatéralement décidée par Dieu (le nôtre) pour son peuple (le Sien) : elle n’est pas destinée à configurer les relations entre les hommes et les femmes dans l’absolu et en dehors du cadre d’un mariage chrétien. Autrement dit: il est absolument hors de question d’utiliser ces versets au-delà de leur contexte pour généraliser les relations humaines et encore moins, pour valider des opinions sexistes et misogynes. Tous les hommes n’ont pas la mission d’être chefs de toutes les femmes: c’est l’exclusive prérogative d’un mari chrétien sur son épouse chrétienne, car la règle ne concerne que les couples mariés et chrétiens par conviction. Par ailleurs, elle s’accompagne de deux conditions essentielles et inéluctables : la femme obéit à son mari comme l’église obéit au Christ et le mari aime la femme comme le Christ aime l’église. Si vous n’êtes pas prêts à respecter cet engagement sans conditions et ce don de soi qui va jusqu’à mourir pour l’être aimé, ne réclamez pas une loi qui est au-dessus de vos forces.

15. « Si vous êtes vêtue de façon provocante, ne vous étonnez pas d’être harcelées et maltraitées dans la rue. »

Ne cautionnez pas la violence, n’en donnez pas une justification, n’en validez pas le raisonnement, n’en soyez pas le complice ou l’avocat. Rien ne justifie le harcèlement, l’attouchement, les paroles déplacées, la violence ou le viol.

16. « Les hommes ont naturellement ce besoin sexuel incontrôlable. C’est aux femmes d’ajuster leurs comportements pour que ce besoin soit réprimé. D’eux-mêmes, les hommes ne sauront et ne voudront jamais le faire ».

Non, les hommes n’ont pas « naturellement » ce besoin sexuel « incontrôlable »: la majorité d’entre eux ne l’ont pas et le vivent très bien. Et non, ce n’est pas aux femmes, qui n’ont d’ailleurs aucun droit sur le corps des hommes, de gérer à la place de ces derniers leurs impulsions. Si vous pensez que vous êtes incapable de maîtriser vos instincts : faites-vous soigner.

17.  » Les femmes malgaches réclament-elles le droit d’être nues en public?  »

Non. A force de faire autant de raccourcis, certains vont se prendre le battant de porte en plein nez.


Femme Hova, 1905. Photo Archive Anom/Ulysse

18.  » La culture malgache est contre l’idée d’une femme dénudée, qui s’habille avec peu de tissu et qui laisse voir tout son corps. Si nos anciennes ne l’avaient pas fait, ce n’est pas aux cadettes d’enfreindre notre culture pleine de sagesse »

La culture merina ne résume pas, à elle seule, la culture malgache. Sur tout le littoral malgache, villes et villages, vous trouverez des femmes vêtues de pagnes, de petites robes et de shorts courts sans qu’aucun homme ou garçon ne les maltraite pour cela. Encore que, je prends l’expression de « culture merina » avec des pincettes : j’imagine toujours que l’emplacement géographique définit largement les coutumes vestimentaires. S’il faisait plus chaud à Antananarivo, nos aînés auraient sûrement eu les mêmes codes vestimentaires que nos compatriotes qui ont la chance de vivre près de la mer.  On aime bien dépeindre les Ntaolo comme des créatures angéliques et d’une hauteur morale inépuisable : je n’en doute pas, c’étaient des gens biens. J’aime à croire qu’ils étaient aussi des personnes pratiques qui ne voulaient pas grelotter de froid.

19. « Avant, les femmes malgaches n’étaient pas vêtues aussi dénudées et personne ne les violait ! CQFD. »

Supputation. Raccourci. Battant de porte.

20. « J’ai l’impression que par ce combat, les femmes veulent juste être les égales des hommes, avoir les mêmes droits et les mêmes libertés.  »

Ce n’est pas une impression.

21. « Certains lieux nécessitent quand même des tenues qui ne montrent pas trop le corps, non? L’église, le lieu de travail, l’école, etc. »

En effet. D’ailleurs, les femmes ne disent pas « On veut porter un bikini au bureau ». Elles disent simplement: « Dans la mesure où notre corps nous appartient, nous déciderons nous-mêmes de la tenue qui convient, et n’aurons pas besoin d’une validation externe. »

22. « Jamais je n’autoriserai ma fille mineure à porter des jupes courtes ! Personne ne prendra cette décision à ma place »

Personne ne réclame le droit de décider à la place des parents de ce qui est bien pour leurs enfants. Sauf si les parents sont déclarés inaptes.

23. « Avez-vous déjà entendu parler de viols dans un pays où les femmes s’habillent correctement ? C’est pour ça qu’il faut avoir un minimum de décence dans la longueur de la tenue ! »

L’Inde, qualifié de « pays du viol » et où, pourtant, les femmes s’habillent exactement comme le veut la tradition ancestrale.

24.  » Encore vous, les féministes! » 

Ben, oui. Encore nous. (Désolée, si tu t’attendais aux Témoins…)

PS : Il y a une longue diatribe à propos des féministes (hommes et femmes) et des femmes malgaches suivant ce commentaire n°24. J’ai choisi de la couper parce que je ne suis pas certaine d’avoir tout compris et je soupçonne l’auteur de ne pas se comprendre non plus.

25. « Les femmes aiment bien protester, dire non, mais en réalité, elles aiment ça et portent des tenues provocantes pour ça. Et quand c’est fait, elles ne veulent pas se faire passer pour des putes alors elles accusent l’homme de viol.  »

  1. Les relations sexuelles se basent sur un consentement réciproque, qui peut être révoqué à tout moment, y compris lorsque vous êtes déjà dans la chambre, nus comme des vers.
  2. Un non veut dire non, ce n’est pas un « oui timide », un « oui hésitant », un « oui, donne moi cinq minutes », un « oui, mais fais comme si tu devais me forcer d’abord » : non, un non est un non. Qu’il soit dit d’une toute petite voix ou par une voix de stentor, qu’il soit dit avec le geste ou avec le regard : un non est un non.
  3. Toute relation sexuelle qui n’aura pas été validée par un consentement est un viol, que vous soyez un inconnu, un ami, un petit-ami ou un mari.

26. « Les garçons ne harcèlent que les filles courtement vêtues, dans la rue. Si la robe est d’une bonne longueur, si les pantalons ne sont pas trop serrés, on vous laisse tranquille« .

Le plus simple est de ne pas harceler du tout, quels que soient les vêtements. Le désordre mental derrière ce « on vous laisse tranquille » est très consternant : c’est le genre de phrase que l’on entendrait dans la bouche d’un membre de la garde rouge, débusquant les pensées bourgeoises et individualistes qui entravaient la révolution socialiste et harcelant sans pitié ces scélérats  de fils de Kouo-Min-Tang… (huhuhu! latsaka aho)

27. « Moi, j’aime que les filles montrent leurs jambes et leurs seins. Grâce à elles, je ne perds pas mon temps à décrypter qui couche et qui ne couche pas. »

Il est possible qu’une fille utilise ses vêtements pour séduire. La vanité des hommes consiste à croire qu’ils sont tous concernés par l’opération et donc, à prévoir qu’ils seraient tous les heureux élus. Du calme, Joe.

28. « Les jupes courtes, les robes courtes, les nombrils à l’air : c’est tout de même dingue qu’au 21e siècle votre combat de femme se résume à votre corps et vos vêtements »

En effet, c’est dingue. Je croyais, vivant dans un pays où étant femme, j’ai le droit de m’habiller comme je le souhaite, que nous étions épargnés de ce genre de polémique. Et puis un ministère et des centaines de bigots misogynes sont sortis de l’ombre de leur 15e siècle pour chasser le loup dans ma garde-robe…

29. « Imaginez un lieu où les femmes ne porteraient que des robes courtes ou des micro-soutiens-gorge, des petites culottes  et ce, devant tout le monde! A votre avis, comment appelle-t-on ce genre de lieu ? »

On appelle ça une plage, gros bêta.

30. « En tant qu’homme, j’aime les femmes qui ne s’habillent pas avec des petites robes et des petites jupes. J’aime le type de fille qui est élégante, vêtue sans excentricité et présentable en toutes circonstances ».

En tant que femmes, on adore aussi ce type de fille. C’est marrant, non ?

Last but not least…

Les mots « maotina », « tsotra »,  et « mendrika » reviennent très souvent dans les discussions sur le sujet de l’habillement des femmes. Voici ce que dit l’encyclopédie malgache :

  • Maotina : 1. Tsy tia pelipelika na jejo fa mipetrapetraka, mitandrina tsy hanao fihetsika manafintohina ny sasany: Ohatra « Zazavavy maotina ». 2. Enti-milaza ny andro tony tsara, tsy mandrivotra: « Maotina dia maotina izany andro izany » [Rajemisa 1985]. Famaritana frantsay : modeste, réservé, paisible, calme [Abinal 1888]
  • Tsotra : 1.Mahitsy tsy misy mivonkina: « Tsotra tahaka ny tsinaim-balala ». 2.  Mora tsy manahirana ny fanaovana na fampiasana azy: “Milina tsotra ity anao ity”. 3.  Mora azo, tsy be olakolaka na miolikolika: “Lahateny tsotra ~ Valinteny tsotra” 4.Tsy manan-kevi-dratsy hamely, tsy manafinafin-kevitra: “Tsotra ohatra ny zazakely”. 5.  Mora badoina: “Tsotra loatra izy ka ambakain’ ny sasany”. 6.  Tsy be aingitraingitra na fombafombany: “Manao fitafiana tsotra izy” [Rajemisa 1985] Famaritana frantsay : lisse, droit; simple, facile [Hallanger 1974]
  • Mendrika :1. Enti-milaza olona (na ny fihetsiny) manana fahamboniana mitandro ny hajan’ ny tenany: « Lehilahy mendrika izy ka tsy mahagaga raha voafidin’ ny vahoaka »2. Tokony hanana, tokony hahazo, noho ny toetrany na ny zavabitany: Mendrika hosazina ny olona nahavita heloka ~ Mendrika fiderana ny mpandresy. 3. Sahaza, mifanaraka, mifanentana: Hahazo valiny mendrika ny asany avy ny olon-drehetra [Rajemisa 1985]. Famaritana frantsay : digne, qui a du mérite; (à distinguer de miendrika) [Abinal 1888, Hallanger 1974]

En somme donc, il s’agit d’un caractère, de valeurs et d’un comportement d’un individu, indépendamment de son vêtement. La seule fois où l’habit est évoqué, il est question de « tsy be aingitraingitra » qui signifie sans fioritures, dentelles, fanfreluches, simple (comme une jupe courte, quoi!) J’ai fouillé dans les archives l’image d’une femme qui incarne cette idée de créature « maotina », « tsotra » et « mendrika », muse de mes compatriotes. Je crois, et je pense que vous partagerez mon avis, que la voici:

Femme d’Anjozorobe, 1905. Photo Archive Anom/Ulysse

Désolée, les gars, mais je crois bien que la Femme Maotina n’en a rien secouer, de vos états d’âme misogynes.

Enfin, permettez-moi de vous dire MERCI, au nom de nous toutes, chers hommes, amis, proches, maris, collègues, ou parfaits inconnus dans la rue, qui vivez avec nous, parmi nous, avec respect et dans un esprit de cohabitation pacifique et saine. Les vrais hommes, c’est vous.  

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11 réflexions au sujet de « Ma jupe, mon droit : 30 préjugés, 30 réponses »

  1. Ces commentaires et cette manière de penser sont en effet déplorables…
    il n’y a rien à dire, le monde est rempli de connards machos et de fous violeurs…
    mais de ce fait si je te dis « Fais attention aux connards » j’en suis un aussi? 🙂

      1. Je comprends… mais tu vois, voici comment j’ai compris le message du ministère : « Les violeurs rodent, ils aiment le sang et la chair fraiche… faites attention à vous »

  2. 😀 😀 😀 Mazava tsara tsy misy ambiguité mihitsy io hevitrin’ny ministera io e :
    1/Fitafy tsotra sy maotina = mampihena filandratsy = teneno ny zanakareo tsy hanao akanjo fohy.
    2/ satria zanakareo manao akanjo fohy = miakatra ny filan’ny lehilahy tia setrasetra
    3/ Voaolana ve ny zanakareo = ny zanakareo no diso.
    tsy « faites attention à vous » mihitsy izao lazainy zao fa hoe « raha misy manolana ianareo dia ianareo izany no diso »

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